Nadia Comaneci

Par Posté dans - Livres le 28 septembre 2014 12 Commentaires

En 1976, lorsque Nadia Comaneci affole les compteurs avec des notes maximales jamais atteintes, je ne suis pas encore née...
Par contre je me souviens très bien avoir regardé des dizaines de fois le film qui lui a été consacré dans les années 80's.
De m'être extasiée sur ses performances, d'avoir eu envie moi aussi de porter un justaucorps blanc ("Comment ça maman tu ne peux pas m'acheter de la magnésie?"), de faire le grand écart facial et des trucs de fou sur la poutre et sur les barres asymétriques.
(Agrés qui me donneront des suées et des cauchemars quelques années plus tard...Et je ne vous parle pas du cheval d'arçon...^^).
Ce sont tous ces souvenirs et la nostalgie de cette période qui m'ont donné envie de découvrir ce livre.
couverture

Nadia Comaneci est une gymnaste roumaine qui réalisa des figures qui n'existaient pas auparavant et pour lesquelles les juges n'avaient pas de noms,"Elle invente alors l'impossible" et révolutionne la discipline.
Nadia Comaneci a fait rêver et a inspiré des milliers de petites filles qui vont également avoir envie de courir très vite, de réaliser des figures impossibles et de s'élancer dans le vide.
Nadia Comaneci est un petite fille incroyable de grâce & de souplesse qui défie l'apesanteur et les chiffres en détraquant les machines lorsque les juges lui accordent en 1976 la note maximale jamais atteinte, excusez-moi du peu, de 10 aux Jeux Olympiques de Montréal, alors qu'elle est âgée de 14 ans.
Nadia Comaneci va avec ces notes mettre à mal les systèmes de calcul & d'affichage, non paramétrés pour cet exploit : l'écran a d'abord affiché 1,00.
comaneci10

C'est sur cette incroyable performance (elle obtiendra 7 fois la note maximale lors de ces jeux) que l'auteure décide de commencer son roman, pour ensuite repartir un peu en arrière et nous expliquer comment cette toute jeune prodige a pu en arriver là.

On apprend par la suite que les choses se sont compliquées pour elle: prise de poids et transformation de son corps à la puberté, récupération de son image par le parti communiste .....

Ce n'est certes pas la première biographie sur la gymnaste mais c'est un roman très agréable à lire.

L'auteure s'est inspirée du parcours réel de la gymnaste, les faits sont exacts mais le reste est romancé.
Elle a effectué un énorme travail de recherche mais n'a jamais cherché à la rencontrer.

Le roman consiste en effet en une alternance entre le récit de la vie de Nadia Comaneci et des dialogues épistolaire imaginaires entre la narratrice et l'ancienne gymnaste roumaine devenue adulte.
Lola Lafon a fantasmé une correspondance où Nadia Comaneci commente les pages du roman, apporte des précisions sur certains évènements ou en contredit d'autres.

Nadia Comaneci  JO de Montréal 1976. (Keystone)

Nadia Comaneci JO de Montréal 1976. (Keystone)

Le corps féminin est un des thèmes du livre. Ici un corps d'enfant gracieux asexué qui fut mythifié mais qui par son inévitable transformation en corps de femme ne va plus intéresser voire dégoûter.
"La petite fille s'est muée en femme, verdict la magie est tombée". Voici la phrase qui va déclencher chez l'auteur l'envie d'écrire sur cette enfant et de s'interroger sur cette violence faite à l'encontre du corps féminin devenu adulte.

La confrontation est/ouest constitue un autre des thèmes du livre. (L'auteure a vécu elle-même en Roumanie et en Bulgarie durant la première partie de sa vie).
A travers le récit de l' histoire de Nadia Comaneci on suit également l'évolution politique de son pays, la Roumanie.
La difficulté rencontrée par Lola Lafon était de ne pas pencher d'un côté politique ou d'un autre, de ne pas donner d'opinion.
Sa volonté n'était pas de faire un roman à charge contre Ceausescu car les gens connaissent l'Histoire.
Sa volonté était de tenir un équilibre délicat soit dénouer les idées toutes faites sur les pays de l'est sans pour autant nier les faits terribles (Interdiction de l'avortement, rationnement alimentaire, censure, contrôle des menstruations...).
Ce livre n'est pas seulement le récit de l'enfance d'une gamine de l'est mais également celui d'une icône d'un pays communiste, marionnette du pouvoir au cœur de la guerre froide.

L'auteur n'omet pas de mentionner l'ambivalence de son héroïne et après sa gloire fulgurante, nous décrit également l'anonymat et la déchéance.

Le style est rythmé, juste & direct, la plume est alerte. Le livre se dévore.
C'est à peine si l'on a le temps de s'apitoyer sur le sort de cette gamine, sur son corps meurtri. De toute manière ce n'est pas le propos.

On sentirait presque l'odeur de la magnésie, celle de la transpiration, on entendrait presque les os craquant sous l'effort et surtout on tremble pour Nadia lorsqu'elle exécute des figures périlleuses.
1976-nadia-comaneci-ap

Qui a dit qu'elle ne souriait jamais, humm?

elle sourit

A bientôt!

(12) commentaires

  • lounatine - Répondre

    29 septembre 2014 at 10:27

    Moi aussi, elle m’a fait rêver, petite, Nadia!
    Cela me donne envie de lire ce roman.

    • allmadehere - Répondre

      29 septembre 2014 at 11:52

      Toi aussi tu rêvais de justaucorps, de magnésie et de pirouettes? ^^
      Ce livre est intéressant car il va au-delà du mythe du « bébé-gymnase » et propose en parallèle l’évolution politique du pays.

  • Melusine Intrepide - Répondre

    29 septembre 2014 at 11:03

    Ah c’est drole cet article, je l’ai lu ce bouquin, j’ai bien aimé et j’ai surtout decouvert cette histoire car je ne n’avais jamais entendu parler de cette jeune fille avant 😮 (et pourtant j’ai fais de la gym aussi, mais je crois qu’il y a un decalage d’age :p :p :p )

    • allmadehere - Répondre

      29 septembre 2014 at 11:48

      Rhoo l’insolente! Un décalage d’âge, non mais!
      ^^
      Comme quoi on peut avoir apprécié le livre sans connaître l’histoire de Nadia… C’est un peu la question que je me posais…

  • Girlie Cinéphilie - Répondre

    29 septembre 2014 at 11:33

    Dis donc, ça a l’air chouette, ce bouquin. En tous cas, ça donne envie de le lire, même si la pensée des barres asymétriques et de la poutre réveille en moi de douloureux souvenirs…

    • allmadehere - Répondre

      29 septembre 2014 at 11:45

      Hi! Un chouette roman qui se lit très rapidement et qui a réveillé de très bons souvenirs d’enfance et de très mauvais souvenirs des cours de gym….
      Un intérêt qui n’est pas sans lien je suppose avec la nostalgie…

  • aurélie - Répondre

    29 septembre 2014 at 12:34

    J’étais fan aussi du film plus jeune. C’est pas le genre de romans que je lis mais là, tu m’as donnée envie de le feuilleter!
    Bisous

    • allmadehere - Répondre

      29 septembre 2014 at 14:35

      Une autre fan du film (avec mon frère ça fait 3 ^^), enfin du feuilleton n’exagérons pas…ça me fait plaisir de t’avoir donné envie de le lire.
      Ce livre m’a offert un joli plongeon dans ces années « justaucorps & j’aime la gym »…

  • pas@pasdechat - Répondre

    29 septembre 2014 at 17:15

    Ni vu, ni lu, mais Nadia a provoqué une passion dans la famille et ma petite sœur était notre championne ! Je reste toujours aussi impressionnée par ce sport.

    • allmadehere - Répondre

      30 septembre 2014 at 10:20

      Ah tout cet engouement déclenché par Nadia!
      Clairement impressionnantes ces prestations….surtout si comme moi, une simple roue devient un challenge insurmontable ^^.

  • eugenia - Répondre

    29 septembre 2014 at 21:42

    Jamais vu le film, mais je me rappelle d’une époque où les filles adoraient les barres et la poutre. Le passage du corps de fille au corps de femme est une étape traversée par chaque femme. Et la Roumanie et sa misère comme toile de fonds… ce livre promet.

    • allmadehere - Répondre

      30 septembre 2014 at 10:29

      C’est effectivement un livre intéressant qui en parallèle du portrait de Nadia s’interroge sur d’autres thèmes et nous plonge dans la Roumanie des 70’s et 80’s.

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